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Évitez de « claquer » la porte à votre sport!
Les blessures musculaires : Diagnostic, traitement et prévention
Le diagnostic
a) Le claquage est une blessure fréquemment rencontrée chez les sportifs de tous niveaux. Ils signifient un étirement et|ou une déchirure de fibres musculaires. Les muscles souvent impliqués sont bi-articulaires, c’est à dire qu’ils agissent sur deux articulations à la fois (ex. : les ishio-jambiers qui permettent l’extension de la hanche et la flexion du genou). Les sports les plus à risque sont ceux requérant des mouvement à haute vitesse ou à accélération, décélération rapide tels : l’athlétisme, le football, le soccer et le basketball. Dans la plupart des cas, le diagnostic est fait par le questionnaire et par un bon examen physique. Dépendant de l’importance de la blessure, les symptômes rencontrés sont la douleur, le gonflement, la chaleur, une perte de souplesse et de force et dans les cas plus sévères, un hématome et une déformation visible au niveau du muscle. Plus le grade de la blessure est sévère, plus la récupération est longue et les complications potentielles sont élevées. La durée de récupération peut varier de 2 à 8 semaines.
b) La contusion musculaire, plus communément appelée le « Charlie-horse », diffère du claquage musculaire seulement par son mécanisme de production. Ce dernier survient suite à un écrasement de fibres musculaires par un choc direct tel un coup de genou sur la cuisse en jouant au hockey. Les signes et symptômes, de même que l’évolution de la blessure sont identiques au claquage.
Le traitement
Le traitement initial consiste au principe de base RICE ; Repos, l’application de glace (Ice) 15 minutes aux 2 heures pour 48-72 heures, la Compression et l’Élévation afin de diminuer la douleur et le gonflement. L’utilisation d’anti-inflammatoires non-stéroidiens pour soulager la douleur dans les 2-3 premiers jours est parfois recommandé par les médecins. Le repos est très important en phase aiguë car il limite les dégâts supplémentaires au muscle blessé.
La capacité du muscle à subir un étirement et son habileté à se contracter sont diminuées suite à la blessure. Un retour trop rapide à l’activité prédispose à l’aggravation de la blessure et aux récidives. Par ailleurs, une immobilisation totale prolongée n’est pas recommandée , à l’exception d’un déchirure complète, car cela a pour effet de créer des adhérences dans le muscle et de changer les propriétés biomécaniques du muscle. Après la phase aiguë, la plupart des auteurs recommandent un programme de physiothérapie visant la récupération de la souplesse musculaire, la force musculaire et la proprioception.
Ainsi, des mobilisations précoces respectant les phases de guérison de la blessure sont bénéfiques dans le processus de récupération..
La prévention/
Le retour complet à l’activité physique sera permis lorsque le muscle lésé aura récupéré une souplesse complète et une force minimale de 80% par rapport au côté opposé. L’évaluation de la force peut-être faite sur un appareil de mesure de la force isokinétique tel le Kin Com. Afin de limiter les récidives, un échauffement adéquat, des exercices d’assouplissement, une protection suffisante dans le cas de la contusion, et éviter la fatigue sont les éléments importants. Mais est-ce suffisant?
Le claquage récidivant ou non traumatique
Malgré le respect de tous les éléments mentionnés précédemment, il arrive parfois que lors du retour à l’activité, le sportif se retrouve encore une fois avec une douleur vive au site de la blessure initiale mais sans traumatisme significatif. De plus, nous rencontrons régulièrement des personnes souffrant de douleur musculaire importante mais sans histoire traumatique ou signes de gonflement, chaleur, hématome. Pourquoi? Les claquages récidivants ou non traumatiques sont souvent dus à une atteinte du tissu nerveux. Les principales hypothèses sont l’ankylose et la perte de mobilité des tissus nerveux innervant le muscle, passant à travers, ou à proximité de celui-ci. Des tests spécifiques évaluant la mobilité des nerfs permettent d’identifier ces lésions souvent méconnues par la plupart des intervenants de la santé. Afin d’éliminer ce problème, des mobilisations des nerfs ainsi que des exercices précis sont nécessaires. Enfin, pour tenter le retour à l’activité, il ne faut pas se fier seulement à la disparition de la douleur car en plus de récupérer la souplesse et la force, la récupération de la mobilité des nerfs est essentiel.
Si vous subissez un claquage ou une contusion musculaire, n’hésitez pas à rencontrer un physiothérapeute de PCN qui saura évaluer votre blessure et vous guider dans votre récupération.
Hélène Normand, pht
Références :
Butler David S, Mobilisation of de nervous system. Churchill Livingstone 1992
Thomas J. Nooman, MD, William E. Garrett, Jr, MD, PhD. Muscle strain injury : diagnosis and treatment. Journal of the American Academy of orthopaedic Surgeons, 7 : 262-268, 1999
Sharon, E. Turl, MSC, MCSP, Keith P. George, MSC, JOPST, 27 :16-21, 1998