Éducation
Tête et cou
Blessure au cou
Qui d’entre nous n’a jamais ressenti une douleur ou une raideur au niveau du cou, soit après une activité sportive, un effort pour l’entretien de votre résidence ou tout simplement au lever le matin.
Que se passe-t-il pour que l’on ressente ces malaises et comment peut-on y remédier ?
Anatomie du cou
Le cou est composé de 7 vertèbres appelées vertèbres cervicales, reposant sur les 12 vertèbres dorsales, qui elles sont le prolongement du sacrum et des 5 vertèbres lombaires (voir figure 1). Les vertèbres cervicales sont reliées entre elles par 2 articulations principales : les facettes articulaires et l’articulation uncovertébrale. Chacune des vertèbres est aussi séparée par un coussin appelé disque intervertébral, qui joue à la fois un rôle de soutien, de stabilité et d’absorption. Il est à noter que les 2 premières vertèbres cervicales (atlas et axis) ne sont pas séparées par un disque et que c’est à ces deux niveaux qu’il y a le plus de mouvement disponible lors des mouvements du cou. Évidemment, la stabilité est assurée par un complexe capsulo-ligamentaire très développé, associé à une panoplie de petits muscles qui viennent assurer la stabilité de la région cervicale. Entre chacune des vertèbres, il y a aussi les nerfs, un à gauche et un à droite, qui innervent les membres supérieurs et le cou.
Pourquoi ai-je mal ?
Comme vous pouvez le constater, le cou est en fait constitué de plusieurs petites articulations qui sont toutes sujettes à subir des stress plus ou moins importants durant une journée. Au même titre qu’une cheville ou qu’un coude, ces petites articulations peuvent subir ce que l’on appelle des entorses, c’est-à-dire, un mouvement de trop grande amplitude à un endroit donné, ce qui amène des déchirures ligamentaires et par le fait même, une phase inflammatoire qui provoque des douleurs. Il n’est pas rare de voir des entorses cervicales après un accident de voiture (communément appelé « whiplash ») ou lors de la pratique de certains sports de contact (football, hockey, etc.). Il est aussi très fréquent qu’une articulation se bloque dans une position et demeure coincée suite à un traumatisme ou suite à une mauvaise posture soutenue (torticolis). La douleur pourra à ce moment se faire ressentir immédiatement ou plus tard lorsque les articulations adjacentes deviendront irritées, du à la surcharge de travail qu`entraîne un blocage à un autre niveau.
Plusieurs personnes vont aussi avoir des symptômes au niveau des bras, des engourdissements dans les doigts ou des points entre les omoplates. Ce sont les conséquences de l’irritation d’un nerf qui devient inflammé, soit parce qu’il a été coincé lors du trauma ou que l’inflammation à une articulation est assez grande pour englober le nerf et provoquer des douleurs le long de son parcours. Parfois l’inflammation d’un nerf peut être assez importante pour que la transmission des messages soit altérée et qu’il y est perte de réflexe et de force. Pour compliquer le tableau davantage, il est très fréquent de constater que les douleurs sont souvent ressenties loin du site en lésion. Par exemple, il n’est pas rare qu’une lésion à C4-C5 donne des douleurs entre les omoplates mais aucune douleur au cou.
Comment puis-je m’en sortir ?
Dans tous les cas, il est très important d’aller trouver la cause du problème et non de traiter ces symptômes. Comme mentionné précédemment, il ne faut pas simplement se fier au site de douleur, mais il faut faire une évaluation complète pour s’assurer d’enrayer le problème et non de le masquer pour quelques temps. Comme pour l’épaule et le genou, lors d’une condition aigüe, l’application de glace et la prise de médication peuvent être très efficaces pour diminuer les symptômes. Par la suite, l’évaluation approfondie de chaque niveau permettra de trouver les segments hypomobiles ou hypermobiles, et d’élaborer un plan de traitement qui consistera à redonner la mobilité aux articulations raides – par des techniques manuelles et des exercices – et ainsi, recréer l’équilibre entre les niveaux. Les segments hypermobiles seront quant à eux, stabilisés avec l’aide d’exercices de renforcement. Le physiothérapeute, de par sa formation, est très habileté à traiter ce genre de condition. Il est important de consulter rapidement, surtout si la douleur persiste plus de 3-4 jours. Ainsi, vous éviterez les complications et votre qualité de vie n’en sera qu’améliorée.
Guy Asselin, pht
PCN, Physiothérapie et médecine du Sport Inc.